Le jeudi 7 avril se tenait à Corte la 6è convention du Réseau universitaire des masters professionnels innovants en sport et management (RUMPRISM). Le thème de cette rencontre était la valorisation des formations marketing & management du sport en STAPS.
Organisée par Ludovic Martel, responsable du master management des loisirs et sports de nature de l’Université de Corse et par les étudiants en Master 2, cette convention se faisait sous le patronage de la Conférence des directeurs d’UFR STAPS (C3D) et en partenariat avec l’Association nationale des étudiants en STAPS. A cette occasion, deux membres du bureau de l’ANESTAPS, Enora Le Jeune et Maixent Genet, ont pu échanger avec une vingtaine d’enseignants, responsables de masters, venant de 15 universités (Lille II, Strasbourg, Dijon - Besançon, Marseille, Lyon I, Paris sud XI Orsay, Rouen, Bayonne - Bordeaux, Clermont, Valenciennes, Poitiers, Montpellier, Cergy-Pontoise, Corte et Nancy).
- Le RUMPRISM
Il s’agit d’une structure informelle, une association de fait, créée en 2004. Elle n’est pas déclarée et n’a donc pas d’existence juridique propre, de budget, de président. Cependant, le réseau est connu et reconnu à travers ses publications (notamment dans la Revue Européenne du Management du Sport) et ses conventions annuelles. Les précédentes éditions eurent lieu à Grenoble en janvier 2006, puis Biarritz en mars 2007 ou encore Poitiers en novembre 2009.

- Logique de performance et fiches RNCP
Le premier temps d’échange était consacré à l’enregistrement des masters en management du sport au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), avec en filigrane la problématique de la position adoptée par le RUMPRISM afin de maintenir son leadership dans un environnement de formations supérieures de plus en plus concurrentiel.
L’enjeu de l’enregistrement des fiches au RNCP est de donner aux employeurs la vision la plus pertinente possible sur les formations en management du sport face aux formations des groupes privés tels qu’Audencia, Euromed, Essec, etc. Bien que les universités soient autonomes et libres de définir le contenu de leurs diplômes, la fiche RNCP permet de définir un cadrage national de la formation.
François Le Minor (ancien directeur de l’UFR STAPS de Poitiers, membre de la C3D, en charge de l’éboration de la fiche master management du sport) a introduit la discussion en présentant la position votée par la C3D réunie en AG à Metz le 25 mars 2011. A cette occasion, les directeurs se sont prononcés à l’unanimité moins une abstention pour une fiche unique intitulée « Master spécialité Management du sport ». La C3D a également décider de porter 4 autres fiches pour les masters spécialités ES, EM, APAS et ergonomie. Elles vont être soumises dans un premier temps aux partenaires sociaux (organisations représentatives des employeurs et des salariés) de la branche sport et animation dans le cadre du groupe permanent CPNEF - C3D. Ensuite, elles recevront l’avis de la Commission nationale de la certification professionnelle (CNCP) qui pourra décider de les enregistrer au RNCP.
Contrairement à la C3D, le RUMPRISM a pris position en 2007 pour l’enregistrement de plusieurs fiches à niveau master pour le seul secteur du management du sport. Les intitulés proposés correspondent aux 5 grands champs du management du sport ; ils sont les suivants :
Création, marketing et distribution des biens et services sportifs ;
Management des organisations sportives ;
Sport et action publique ;
Sport, loisirs et développement touristique ;
Sport professionnel et communication sportive évènementielle.
Le RUMPRISM s’est montré favorable à une actualiation de ses positions, en conséquence de la décision prise par la C3D, et a sollicité à ce propos l’ANESTAPS. A nos yeux, il est nécessaire d’instaurer un cadrage national de la formation en adéquation avec les besoins et attentes définies par les employeurs, avec la définition d’un référentiel de compétences propre au diplôme. Néanmoins, cela ne doit être un facteur limitant le champ d’insertion professionnelle des diplômés. Par ailleurs, nous tenons également à remarquer qu’un toilettage des fiches RNCP Licence — enregistrées en 2007 — est devenu nécessaire, compte-tenu de l’évolution du secteur sport et de la mise en place du nouveau plan réussite en Licence (PRL2).
Quoi qu’il en soit, cette avancée dans la lisibilité des diplômes STAPS de niveau I va permettre une meilleure reconnaissance de la part des partenaires sociaux. En revanche, elle ne doit détourner l’attention de la communauté STAPS sur d’autres problématiques tout aussi essentielles : l’évaluation de nos formations et équipes de recherche par l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES), d’une part, et la légitimité de la filière STAPS au sein des nouveaux ensembles territoriaux de l’enseignement supérieur, d’autre part.
- Le RUMPRISM et l’industrie du sport
Le deuxième temps d’échange était consacré aux relations tissées entre universités et acteurs de l’industrie du sport au sein de clusters et leurs enjeux pour les masters et l’insertion professionnelle des étudiants.
En partant du constat que sur les 71 pôles de compétitivité existant en France actuellement aucun ne concerne le sport, l’idée développée est d’initier des collaborations avec les acteurs du tissu industriel local et les collectivités territoriales.
Deux projets sont pris en exemple : Eurosima (piloté par l’université Bordeaux Segalen) et Seine, Vallée Olympique (piloté par l’université de Rouen, avec celles d’Orsay, Nanterre et Paris V). Ces deux initiatives permettent de légitimer les formations en management du sport en jouant sur l’innovation et le concept de grappe d’entreprise. De nouveaux réseaux d’acteurs sont ainsi créés et des partenariats tissés avec l’industrie. Le tout est d’identifier les secteurs vierges et de s’y engouffrer.
Cependant, toutes les universités ne disposant pas de telles possibilités, il est impossible de calquer un modèle qui fonctionne sur une autre région. Par exemple, en Rhône-Alpes, le cluster Sporaltec peine à faire ses preuves, bien qu’il soit basé sur un tissu industriel très dynamique.
Les clusters présentent de nombreux effets collatéraux positifs pour la formation, en plus de lui donner davantage de crédit et de reconnaissance institutionnelle. Ils permettent de développer le réseau de partenaires avec l’industrie et les collectivités (en vue des stages et de l’insertion professionnelle), de financer des projets et d’études dans le cadre des masters, de favoriser l’innovation. Par ailleurs, les atouts des universités pour rivaliser avec les formations privées s’en trouvent renforcés.
- Vers un management du sport « sans frontière »
Le dernier temps d’échange était quant à lui consacré à l’externalisation des formations en STAPS dans le domaine du management du sport vers les pays émergents.
Là aussi, l’idée générale est d’accroître la légitimité de nos formations afin de gagner en reconnaissance. Plusieurs idées ont été émises :
créer des partenariats avec des universités étrangères afin de faciliter les échanges d’étudiants qui seront formés ;
développer des formations management du sport à l’étranger conventionnées par des universités françaises ;
créer une association francophone de management du sport sans frontière que le RUMPRISM pourrait coordonner ;
mettre en ligne des supports pédagogiques pour qu’ils soient accessibles hors des frontières (exemple de l’UNF3S).
La participation à cette 6è convention nous a permis d’accentuer notre expertise en matière de management du sport et d’échanger avec les responsables de nos formations sur les perspectives à court et moyen terme. De ce fait, les étudiants en STAPS affirment leur attachement à ce que le management du sport puisse continuer à se développer au sein de l’Université.



