Selon l'AFP, le ticket de restauration universitaire (RU) va bien augmenter passant de 3 à 3,05 euros, en dépit d'un vote de rejet vendredi au conseil d'administration du Cnous. Malgré ce vote qui n'est "pas courant", "l'augmentation n'est pas remise en cause", a-t-on assuré au ministère.
Pour la FAGE, ce choix fait par le ministère de Laurent Wauquiez, suite à l'arbitrage de Bercy va à l'encontre d'un vote démocratique des membres du Conseil d'Administration du CNOUS. Il nie la place des Conseils Nationaux, pourtant représentants de la communauté universitaire.
Suite au remaniement gouvernemental, Laurent Wauquiez, avait exprimé le souhait de travailler avec l'ensemble de la communauté universitaire, or aujourd'hui, ce dernier nous prouve le contraire avec une décision unilatérale.
Pour la FAGE, de tels arguments sont infondés et ne peuvent justifier cette augmentation à eux seuls.
"La hausse, moindre que l'inflation, reste modérée, alors que l'an dernier le ticket avait augmenté de 10 centimes. 3,05 euros, c'est un prix très raisonnable, cela permet d'avoir un repas complet et équilibré qui est moins cher qu'un fast-food ou un kebab", a-t-on commenté au ministère de l'enseignement supérieur.
"En plus, pour les étudiants les plus en difficultés sur le plan financier, il y a des systèmes pour que le prix du repas soit moins cher", a-t-on ajouté.
Justifier ce choix entre autre par l'inflation est simpliste ! En effet, depuis 2002 l'augmentation du ticket RU est supérieure à l'inflation. De plus, comment parler à des étudiants d'inflation alors que ceux-ci ne voient pas leurs aides indexées sur celle-ci. D'autant plus pour les étudiants des classes moyennes qui ne perçoivent aucune aide ! Ces hausses à répétition mettent de plus en plus les étudiants en difficulté et limitent l'accès à l'enseignement supérieur.
Aussi, une telle augmentation est dangereuse pour la pérennité de la restauration sociale du CROUS. En effet, toute hausse du prix du ticket RU est accompagnée d'une baisse de la fréquentation des RU par les étudiants. Force est de constater que les restaurants universitaires se vident. En effet, aujourd'hui le prix de ticket RU rattrape le prix de l'offre privée, malgré la caricature maladroite "fast-food et kebab" utilisée par le ministère.
Est-ce réellement une solution pour résoudre les problématiques de mal-bouffe et de santé publique ?
Le révélateur d'une problématique globale
Enfin, la question du ticket RU révèle une problématique plus large : quelle est la place des étudiants dans notre enseignement supérieur et dans notre société ? Pour la FAGE, se soucier des conditions d'études est antinomique avec une hausse globale des frais obligatoires des étudiants. Depuis le début du mois de juin, ont augmenté la cotisation à la sécurité sociale étudiante, les droits d'inscription universitaire, le ticket RU...
Monsieur le ministre, écouter les étudiants et leurs demandes, c'est préparer avec eux l'avenir de notre société.
La FAGE a envoyé le mercredi 6 juillet une lettre ouverte au Ministre à ce sujet. Pour la lire, cliquez ici.



